Ce site utilise des cookies
Vos données sont privées, nous le savons, c'est pour ça qu'on en fait pas n'importe quoi.
×

 

 

 

 

 Le futur est entre vos mains

 

 

Le futur est entre vos mains

dimanche, 25 mars 2018 13:26

iNaturalist, le Shazam de la nature, en mode collaboratif

Partagez gratuitement des infos et des photos sur les plantes et les animaux du monde entier.                                   

Le site collaboratif iNaturalist est une mine d'or pour la connaissance des plantes et animaux sauvages. Tout le monde peut poster sa photo ou ses observations et ainsi participer au grand inventaire de la nature partout dans le monde. Allez jeter un coup d'oeil sur le site dans l'onglet "observations", pas besoin d'être inscrit, et vous allez voir toutes les photos et descriptions disponibles dans le monde entier. Vous découvrirez les espèces qui vivent à côté de chez vous, ou bien vous pourrez savoir où habite une espèce en particulier. Et si vous ne trouvez pas d'informations sur l'endroit où vous êtes, soyez les premiers à participer, les autres profiteront de vos observations et viendront les compléter.

En juillet 2016, des milliers de personnes se sont promenées dans les rues et les parcs guidés par une très célèbre appli de découverte de la vie sauvage. Cette appli c'est Pokemon Go, et c'était pas réellement la vie sauvage. Pourtant, alors que les fans de Pokemon tentaient de collectionner des animaux fantastiques, parce que numériques, certains chasseurs de pokemon sont tombés, inévitablement, sur de vrais animaux. Ce décalage a généré pas mal de blagues, la plupart impliquant des opossums; et des passionnés et professionnels de la nature y ont vu un moyen pour apprendre des trucs, et ils ont proposé des événements de sensibilisation sur le thème Pokémon Go; Anna Turkett, une gardienne du zoo de Birmingham, est devenue brièvement populaire sur Internet pour avoir repris le concept dans le zoo, avec de vrais animaux.

Cependant, si vous cherchiez une appli comme Pokemon Go mais pour les espèces vivantes, c'était peine perdue, ça n'existait pas. Ca a changé début mars, quand le site du réseau social iNaturalist a sorti SEEK , une appli iOS pour les personnes qui veulent découvrir la flore et la faune locales. Cette nouvelle appli est dans la continuité d'une tendance générale qui vise à encourager les gens à s'intéresser aux sciences, et à leur faire découvrir les merveilles de la nature qui sont sous leurs yeux mais qu'ils ne voient pas.

iNaturalist a été cofondé en 2008 par Nate Agrin, Jessica Kline et Ken-ichi Ueda dans le cadre d'un projet de master à UC Berkeley. L'objectif était de créer une communauté en ligne pour les naturalistes, les écologistes et les amoureux de la nature, où les gens pouvaient enregistrer et discuter des observations qu'ils avaient faites sur le terrain, dans le parc du coin ou dans leur propre jardin. Un randonneur pouvait envoyer la photo d'un serpent bizarre qu'il avait croisé sur un chemin, et un scientifique de retour de son terrain d'étude pouvait partager les enregistrements des sons des oiseaux recueillis au plus profond de la jungle.

"C'est une communauté de personnes qui vont s'aider mutuellement à explorer le monde de la nature, et d'un point de vue scientifique, ça sert à vérifier les données et à s'assurer qu'elles sont correctes", a déclaré Scott Loarie, le co-directeur du site, à Earther.

Bien que l'aspect collaboratif du site soit primordial, Carrie Seltzer, "coordinatrice de l'engagement des parties prenantes", insiste sur le fait que le site est aussi fait pour acquérir des données. Avoir un groupe d'utilisateurs dehors, en train de prendre des photos, est extrêmement utile pour arriver à identifier des espèces, à enregistrer les dates et les heures d'observation- le genre d'informations de base qui sont nécessaires mais qui demandent beaucoup de temps. Une grande partie des données enregistrées sur le site est envoyée au Global Biodiversity Information Facility , une organisation internationale qui offre des données sur la biodiversité en libre accès, aux scientifiques ou à toute personne souhaitant en faire usage. (Pour des raisons de protection de la nature, les données des localités concernant les espèces menacées ou en voie de disparition sont automatiquement expurgées.)

Avec près de 150 000 espèces enregistrées sur le site et un grand nombre d'images étiquetées, selon Loarie, ils ont rapidement réalisé qu'ils pourraient utiliser la nouvelle génération de réseaux de neurones d'intelligence artificielle. Au cours de l'été 2017, ils ont commencé à entrainer une IA pour qu'elle soit capable d'identifier les espèces en reconnaissant les images, un complément utile à la fonction de crowdsourcing (modèle participatif) d'iNaturalist. 

"Maintenant, quand vous postez, dit Loarie, vous avez des vrais gens qui regardent et qui interviennent, mais l'IA aussi va y jeter un coup d'oeil."

La première chose que vous voyez quand vous ouvrez SEEK c'est une petite liste de précautions à prendre et de bon sens: rester en sécurité, ne pas empiéter sur la propriété de quelqu'un, ne pas manger tout ce que vous trouvez dans la nature et ne pas harceler la faune qui pourrait ne pas être d'accord. À partir de là, on vous donne une liste des espèces associées à l'endroit où vous vous trouvez, un ensemble de fiches d'identification à remplir et un encouragement à sortir de chez vous et explorer. Quand vous avez trouvé quelque chose qui vous intéresse - plante, champignon, insecte ou vertébré - vous prenez une photo et vous attendez que l'IA trouve une correspondance et vous dise ce que vous avez collecté, avec un résumé des informations de Wikipedia.

C'est un système ingénieux et intuitif, même si l'IA a encore quelques ratés. Je passe beaucoup de temps à observer des animaux pour m'amuser, alors j'ai d'abord chargé quelques unes de mes photos de précédentes collectes dans l'appli, pour voir. L'appli - qui m'a localisé à mon emplacement actuel à Atlanta - a correctement identifié les salamandres visqueuses, les grenouilles des marais et les salamandres à deux lignes, et m'a sorti une fiche bien détaillée sur chacune d'entre elles. Elle a eu beaucoup plus de mal avec l'image d'un gros serpent bleu foncé que j'ai trouvé en me baladant dans la vallée du Rio Grande,même si elle a fini par suggérer qu'il s'agissait d'un serpent de la famille des colubridés, ce qui était juste.

Mais la valeur réelle de l'application est rapidement devenue évidente quand je l'ai essayée dans le jardin chez mes parents. Même si le quartier est situé dans le comté urbain de Dekalb (Etat de Géorgie aux Etats-Unis), il est assez vert et on y trouve des cerfs, des renards roux, des coyotes, des rapaces, et des dindes occasionnellement. Habituellement, quand je viens, je garde l'œil ouvert pour essayer d'en voir; j'ai rarement pensé à la profusion de petites plantes qui courent sous le grand magnolia de notre jardin, et qui ont germé à partir des graines qu'on met dans les mangeoires des oiseaux. Mais en m'approchant du sol et en photographiant plein de petites feuilles, j'ai découvert que le jardin était plus diversifié que je ne le pensais: l'appli m'a aidé à identifier le trèfle blanc, la violette bleue, la pervenche, le sureau noir, le lierre commun et la stellaire commune comestible.

C'était aussi très intéressant dans le parc à côté de chez moi: le sous-bois près du gros ruisseau est recouvert de chèvrefeuille japonais, il abrite aussi une jolie petite vigne originaire d'Asie de l'Est et de l'ortie rouge.
Je n'imaginais pas qu'il y avait des espèces végétales non indigènes dans un parc que je visitais depuis mon plus jeune âge. Le plus souvent c'est moi le guide de randonnée quand je pars avec des amis dans la nature, j'identifie facilement les reptiles et les amphibiens. C'est génial de pouvoir apprendre à connaitre encore plus de choses sur la nature.

L'IA reconnaît actuellement 30 000 espèces, selon Loarie, et l'Amérique du Nord est la zone la mieux répertoriée parce que c'est là d'où postent la plupart des gens qui utilisent le site.

"Toutes les heures, nous identifions une nouvelle espèce dans l'appli, simplement grâce aux données provenant de milliers de personnes qui utilisent iNaturalist chaque jour. La seule façon d'améliorer notre modélisation des espèces est d'obtenir plus de données, et pour y arriver, nous avons besoin de plus de gens dehors pour prendre des photos de leur jardin et aller explorer la nature."

Alors que SEEK ne collecte pas de données ou d'observations depuis les téléphones des gens, quiconque souhaite un outil plus performant peut upgrader pour l'appli mobile de iNauralist , qui autorise ces opérations. En attendant, l'équipe est vraiment emballée à l'idée que SEEK puisse encourager les gens à avoir une approche (démarche) scientifique sans que ça fasse peur.

"Il s'agit d'apprendre aux gens l'état d'esprit", a déclaré Loarie. "Ils se passionnent généralement pour une chose en particulier: certaines personnes choisissent le golf, d'autres choisissent la philatélie. Et nous essayons d'amener les gens à s'enthousiasmer pour la nature en général et à devenir une sorte d'ambassadeur de la nature."

Loarie souligne que même si iNaturalist est un excellent outil, «c'est un peu comme prêcher des convaincus». SEEK, à l'inverse, est une meilleure façon d'attirer de nouvelles personnes.

"Je pense que si nous pouvons construire avec les jeunes enfants une culture et un état d'esprit qui repose sur la curiosité, et l'envie de faire des choses qui ont un rapport avec les sciences, sortir explorer et faire des observations, ce sera une grande victoire".

retrouvez l'article de Asher Elbein sur Earther.

Vous pourriez aimer

Fabriquer des supports pour bougie avec un vieux vélo

Fabriquer des supports pour bougie avec un vieux vélo

Fabriquer des supports pour bougie avec un vieux vélo

Donnez à votre déco une touche de style steampunk en upcyclant des pièces de vélo en porte-bougies industrielles-chic.                                                                                         

Ursula K. Le Guin, portrait d'un monument de la science fiction

Ursula K. Le Guin, portrait d'un monument de la science fiction

Ursula K. Le Guin, portrait d'un monument de la science fiction

Auteure majeure de SF et de fantasy, elle est l'égale de R.R. Martin et de Tolkien.              

 

L'histoire de Ladyada, fondatrice d'une entreprise collaborative

Adafruit a professionnalisé le DIY, le pari de la culture ouverte au travail est gagné.                                                                                             

Read more...

Découvrez Marie Severin, la femme que Marvel a longtemps caché

Fin août disparaissait Marie Severin, 89 ans, pilier de Marvel Comics et créatrice, entre autres de Docteur Strange.                       

Read more...

TOP